Les Peuples autochtones et le traumatisme historique

Un héritage de traumatisme intergénérationnel

Le mandat de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVRC) vient à échéance en 2015. Pendant cinq ans, la CVRC a documenté des milliers de déclarations de survivants des pensionnats et de leurs descendants partout au Canada. Conçu pour assimiler les Autochtones à la société dominante, le système des pensionnats a arraché les enfants à leurs familles, à leurs communautés et à leur culture, et il les a éduqués selon les valeurs, les compétences, la culture, la religion et la langue de la société dominante. Les traumatismes vécus par de nombreuses personnes au cours des années de fonctionnement de ces pensionnats se sont accumulés au fil du temps et ils ont été transmis aux générations suivantes, instaurant un héritage de traumatisme intergénérationnel. Les témoignages recueillis par la CVRC mettent en évidence les répercussions émotionnelles que ces traumatismes ont infligées aux familles et aux communautés autochtones.

Le Centre de collaboration nationale de la santé autochtone (CCNSA) explore les impacts continus et dévastateurs de ce traumatisme cumulatif sur la santé et le bien-être des individus, des familles et des communautés, et il présente un modèle unique de guérison grâce aux deux rapports suivants :

 

Le premier rapport de cette série en deux parties, Les Peuples autochtones et le traumatisme historique : le processus de transmission intergénérationnelle, reconnaît que les expériences des Autochtones sont profondément influencées par des traumatismes, des injustices et de l’oppression multigénérationnels, cumulatifs et chroniques. Les effets du traumatisme peuvent être ressentis par les individus, les familles, les communautés et les populations entières, ce qui entraîne un héritage de disparités physiques, psychologiques et économiques transmis de génération en génération.

Les Peuples autochtones et le traumatisme historique : le processus de transmission intergénérationnelle s’ouvre sur un aperçu des connaissances actuelles en matière de traumatisme, la manière dont elles doivent être définies et conceptualisées dans le contexte des Autochtones du Canada. Le rapport discute ensuite des caractéristiques et des comportements typiques dans les familles autochtones vivant avec le traumatisme intergénérationnel, ainsi que des processus psychologiques, physiologiques et sociaux par lesquels un traumatisme peut être transmis. Enfin, le rapport se penche sur l’interdépendance de ces processus dans la transmission des traumatismes entre générations et il appelle à des stratégies globales de guérison à mettre en œuvre non seulement en santé, mais aussi dans d’autres domaines, notamment l’éducation.

Étudiant le cas du Blue Quills First Nations College (BQFNC) (AN), le deuxième rapport de cette série, Promouvoir la guérison des adultes et des familles autochtones dans le cadre d'un modèle de collège communautaire, explore le potentiel des stratégies de guérison dans le domaine de l’éducation. Il examine spécifiquement comment les programmes et le curriculum peuvent interrompre la transmission intergénérationnelle du traumatisme dans les familles qui descendent des victimes du système des pensionnats du Canada.

Le rapport commence par fournir un aperçu de l’histoire et de l’héritage du système des pensionnats. Il reconnaît la façon dont les écoles ont eu des effets sociaux et psychologiques profonds qui perpétuent des conditions préjudiciables, y compris l’écart de scolarisation qui existe actuellement entre les Autochtones et les Canadiens non autochtones. Les impacts du traumatisme sur l’apprentissage, la manière dont les expressions du traumatisme se manifestent en classe, et les facteurs jugés importants par les chercheurs pour améliorer la réussite scolaire des Autochtones victimes de traumatismes sont ensuite explorés. La dernière section met en évidence la philosophie éducative unique du BQFNC. Cette étude de cas montre la manière dont un environnement d’apprentissage qui comprend des programmes adaptés culturellement, met de l’avant le rôle de la culture, utilise des procédés circulaires et intègre un cérémonial peut permettre aux élèves autochtones de transformer leur vie et de reconstruire leurs relations familiales. Il propose un exemple de la façon dont l’apprentissage et la programmation holistiques peuvent guérir et interrompre la transmission intergénérationnelle du traumatisme.

 

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